Fatigue

Publié le par soul

   Passé cette idée d'épuisement, de lassitude et de sensation de vide intérieur, la découverte de ce qu'apporte la fatigue au niveau émotionnel a un côté passionnant.
   Au moment où l'on en peut plus, où le corps est vide de toute énergie, où la force n'est plus et que la volonté consciente ne guide plus ce que l'on a l'habitude de vivre, s'ouvre à nous une nouvelle porte, dérobée, cachée par notre moi conscient, notre rythme de vie, notre dynamique quotidienne. C'est un moment de grâce, pénible par certains côtés, ayant des aspects douloureux et nous offrant une face effrayante de notre âme, celle que l'on ne maîtrise pas, celle qui nous regarde, nous surveille, avec laquelle nous en faisons qu'un mais dont nous sommes dissociés.
   Hors c'est dans ces moments de grande fatigue, où il nous semble avoir puisé au bout de nos ressources physiques, que le mental prend le pas nous ouvrant ainsi à des regards nouveaux, des jours lumineux sur des sensations sourdes qui nous animent. Vivant, sensationellement vivant. Voilà ce que je ressens lors de ces instants où la prise de conscience du flottement  est perceptible, de l'état d'entre deux eaux, entre deux maîtrises et contenus de nous même.
   Instant de suspension de la vie, de cette fuite du temps, de cette absence de matérialisation de l'état présent. Ouverture sur des choses, appelons les comme ça car elles ne se laissent pas voir, qui sont tapies au plus profond de nous, font notre moi parallèle, notre âme d'être vivant, de celle qui n'apparaît que très ponctuellement, qui ne se montre que dans un état de confiance, de partage et de relâchement exceptionnel.
   Brièveté de magie offerte par la fatigue. Moment de tension vers la pureté originelle.
   Sommes nous loin de la dépression qui se cache derrière cet amour des états limites, passionnels et addictifs ?
Publicité

Publié dans Billets

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article